Valverde:"pour être performant sur le Tour je dois m'habituer à ne pas gagner aussi tôt dans la saison"

Publié le par MkL

C'est l'année de reconversion de Valverde qui va faire les classiques et tenter d'arriver sur le podium à Paris.

 

-2005 fut une année ponctuée par des hauts et des bas. Triomphe à Courchevel, abandon sur le Tour suite à une lésion. Beaucoup de temps passé sans courir et réapparation pour une médaille d'argent aux mondiaux. Comment sera 2006?

J'espère que se sera une bonne année. Je suis très motivé.

 

-Tu as oublié la tristesse de l'abandon sur le Tour?

Il a fallu du temps. Ce fut dur de ne pas pouvoir terminer mais j'ai été très heureux de la victoire d'étape.

 

-Et ta lésion au genou?

Je ne m'en ressens plus.

 

-Cette saison, peut être pour la première fois dans ta carrière sportive, tu commences avec le pied sur le frein.

Oui. Quasiment chaque saison j'arrivais à Majorque en forme. Maintenant, je dois m'habituer à ne plus gagner dès le début de saison pour pouvoir jouer un rôle important sur le Tour et les classiques.

 

-Comment s'est passé ce changement?

Bien. Depuis ma reprise je me suis entrainé avec moins d'intensité qu'habituellement. Avec mon groupe d'entrainement de Murcie (Fran Perez, Leon Sanchez, Julia...) plusieurs fois je me suis retrouvé derrière. Je ne les ai pas suivis dans les cols.

 

-C'est l'année de la reconversion de Valverde.

Oui. Je change ma façon de courir, mon calendrier et ma position sur le vélo.

 

-Tu es un coureur tout en force, tu fais parti de ceux qui utilisent un gros développement pour escalader. Cela n'est pas forcément bon physiquement parlant.

C'est clair, c'est pour ça que j'ai changé cela. Cela fait deux mois que je m'entraine avec plus d'agilité dans le coup de pédale et pour le moment cela se passe bien. L'année passée, dans la première étape du Challenge de Majorque j'étais à 91 coup de pédale par minute. Dimanche dernier j'étais à 105 coup de pédale.

 

-Le vrai test sera pour toi la montagne.

Je le sais. J'ai baissé ma selle d'un centimètre, changé la position des calles de mes chaussures et mis une potence plus courte. La position précédente ne permettait pas de changer de cadence. Je suis maintenant dans une position plus confortable et je me fais moins mal aux jambes.

-Quand espères tu être à ton niveau habituel?

Pour le Tour du Pays Basques et ensuite pour les classiques.

-Ton directeur, Eusebio Unzue, aimerait que tu sois à ton niveau pour les classiques. Il y a quelques années, quand tu étais chez Communidad Valenciana, tu as déclaré que ton truc à toi c'était les grands Tours. C'est une autre reconversion.

Oui. Les classiques me plaisent. Mais quand j'y avais participé chez Kelme elles m'ont paru très dures et je me suis dis que je ne pourrai jamais y faire un résultat. L'année passée, je me suis rendu compte que c'était faux. Eusebio m'a motivé à donner le meilleur de moi même sur ce type de courses. Je peux y faire quelquechose de bien. surtout sur Liège, la Flèche, l'Amstel et le Tour de Lombardie. A Zurich il fait un peu trop froid pour moi.

-Es ce que Boonen t'impressionne?

Oui. C'est le meilleur coureur du monde pour les classiques mais pour celles auxquelles je ne participe pas, le Tour des Flandres et Paris-Roubaix.

-Es ce que tu souhaites participer un jour aux classiques pavés?

Avant d'arrêter, j'aimerais bien participer à Paris-Roubaix. Le Tour des Flandres également car il n'est pas trop exigeant.

-Tu changes d'horizon en passant des grands Tours aux classiques.

Je suis surpris par les gens qui sont moins enclin à suivre les classiques. Pour moi c'est comme un grand Tour.

-Parlons du Tour. Tu as fais la moitié de la course avec les meilleurs mais il reste un doute à savoir comment se serait passé la deuxième partie.

J'ai été présent pendant 13 jours, j'ai passé la première partie montagneuse mais pas la deuxième partie. Mais je pense que ça aurait pu bien se passer car j'ai participé à plusieurs Vuelta et dans celle où je suis tombé j'étais encore plus fort dans la deuxième partie. J'ai finis 3ème cette année là.

-L'opinion publique pense que tu seras le prochain espagnol sur la plus haute marche du podium du Tour. Tu partages cela?

C'est une grande responsabilité. Cette année c'est peut etre un peu tôt. Ce serait déjà bien de finir parmi les 5 premiers.

-Tu ressens de la pression?

Oui. et je m'adapte du mieux que je peux. J'ai les pieds sur terre.

-En te centrant sur le Tour ne perds-tu des options sur d'autres courses?

C'est un risque. L'année passée j'ai gagné ici à Majorque. et ensuite Paris-Nice où j'ai fini second et gagné une étape. C'est la première année que je change mon programme. A la fin de la saison on saura si on a fait le bon choix ou s'il faudra revenir à l'ancienne formule.J'ai 25 ans et c'est un bon âge pour introduir des changements.

-C'est une saison différente, Armstrong ne sera plus là.

Cela va être le Tour le plus ouvert de ces dernières années. Mais il y a d'autres coureurs comme Ullrich, Basso, Vinokourov ou Mancebo qui auront plus de responsabilités que moi.

 

-Combien de fois as-tu revu ta victoire à Courchevel?

Plus je la vois et plus elle me plait!

-As-tu franchi un pallier ce jour-là?

Oui. Mais plus encore que d'avoir battu Armstrong au sprint, ce sont les acclamations apparu dès que le route s'est élevée qui m'ont impressionné. Cela m'a plus motivé que la victoire.

-Armstrong a dit que pour lui le favori était Ullrich.

Il y a beaucoup de contre la montre  ce qui constitue mon point faible. Ce n'est donc pas le meilleur Tour pour moi. J'aurais préféré qu'il y ait un contre la montre en côte.

 

-Basso, Ullrich, Vinokourov; sont-ils plus accessibles qu'Armstrong?

Je suis plus proche d'eux que d'Armstrong. Il était impossible de décrocher Armstrong dans les ascensions. Ullrich a déjà montré des signes de faiblesse. Basso a perdu du temps quand j'ai gagné à Courchevel. Ils ont tous des jours sans sauf Armstrong.

 

Source: Correo Digital

 

 

 

 

 

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