Alejandro a déclaré qu'il venait sur le Tour 2006 avec plus d'ambitions que cette année au niveau du classement général tout en gardant un oeil sur une ou l'autre des étapes de haute montagne.
Il commencera la saison 2006 par le Challenge de Mallorque qui se déroulera du 5 au 9 février mais sans participer à toutes les épreuves (il ne participera qu'à 2 ou 3 épreuves du Challenge au lieu des 5 proposées). Il s'alignera ensuite sur quelques classiques françaises dans la 3ème semaine de février avant de retourner en Espagne pour prendre le départ du Tour de Murcie à compter du 1er mars. Viendront ensuite les épreuves du Pro Tour et Milan-San Remo, ce qui constituera sa deuxième participation. En avril, on le retrouvera sur le Tour du Pays Basques ainsi que sur les classiques Ardennaises (l'Amstel Gold Race, la Flèche Wallone et Liège-Bastogne-Liège) où, après les avoir découverts en 2005, il s'alignera avec plus d'ambitions. On le retrouvera également au Grand Prix Miguel Indurain dont il avait prit la deuxième place en 2005.

Alejandro a été élu meilleur coureur espagnol de l'année 2005 par les internautes sur le site d'As. Ils ont été plus de 8000 à voter sur le site. Au niveau de l'Espagne, Valverde finit devant Mancebo alors qu'au niveau mondial il se retrouve à la deuxième position derrière Armstrong et juste devant Basso.

Pour le moment il n'a pas gagné le Tour , qui sera son grand objectif pour 2006, mais Alejandro Valverde s'est fait une place parmi les tous meilleurs du peloton mondial. Sa victoire à Courchevel, devant Lance Armstrong, lui a donné plus de confiance en ses possibilités et il se montre convaincu que, avec un peu de chance et de temps, il pourra gagner le Tour de France. "J'ai seulement 25 ans et, par conséquent, beaucoup de temps pour le gagner. Je ne prétend par battre le record d'Armstrong un jour, sinon gagner un Tour. Et si je peux deux, au mieux." Il n'est pas de ceux qui perdent du temps, même si il est encore jeune il sera là pour lutter contre Basso, Ullrich et Vinokourov, selon lui les grands favoris, dans cet order, pour la victoire. Valverde n'a fait le Tour qu'une fois, mais sans oublié la Vuelta qui est la course de ses terres et qu'il aimerait gagner un jour, il est tombé amoureux de cette course. "Depuis que je suis gamin je me dis que la meilleur course du monde est le Tour et maintenant je sais que c'est vrai. Qui n'aimerait pas le gagner?"
Jusqu'à maintenant, Alejandro a obtenu tout ce qui lui a été proposé dans le cyclisme. "Mes rêves d'enfants sont devenus réalités, ils se sont réalisés au pied de la lettre". Mais le peut-il avec le Tour? Il ne faudrait pas en être étonné quand on jette un oeil à son parcours. "Je pense que tout est plus difficile maintenant. Jusqu'à maintenant, la vérité c'est que ça été facile pour moi puisque années après années et catégories après catégories, j'ai remporté des victoires". Dans son cas, les succès ont effacé le difficile chemin pour parvenir au monde professionnel, ce qui est normalement assez difficile pour tous ceux qui le tente. "Passer professionnel n'a pas été un problème pour moi", dit-il avec sérieux et humilité. "Dès que je me suis fixé cet objectif je savais que j'y arriverai. Je me sens vraiment privilégié parce qu'en plus de faire ce que j'aime, je vis de ma passion".
Cela fait dejà pas mal d'années qu'Alejandro a commencé à écrire sa légende. J'ai commencé à courir à 9 ans", explique-t-il. "Mon père courrait en vétéran. Il a commencé tard (34 ans), mais il avait beaucoup de force. Et, pour faire du sport et un peu de régime, mon frère Juan Francisco courrait également. Il était très bon et aurait pu être professionnel, mais à cause de certaines circonstances (problèmes avec son équipe) il est resté amateur". Heureusement que ça n'a pas été le cas pour Alejandro. "Mes parents et mon grand-père m'appuyaient à 100%, ils m'ont payé tous mes vélos alors que nous vivions de revenus modestes".
Le reste, c'est évident, était une question de génétique. "J'ai finis deuxième de ma première course." A partir de là il a enchainé une cinquantaine de victoires. "De 11 à 14 ans je n'ai pas perdu une course", ce qui fait qu'il était très réputé dans la région et qu'on le surnommait "l'imbatable". "Certains n'appréciaient pas de me voir sur les courses et se demandaient qu'est-ce qu'il va me faire aujourd'hui?".
A 16 ans sa capacité pulmonaire était de 7,4 litres alors que celle d'Indurain était de 8,1 litres à sa grande époque. "Aujourd'hui elle est de 7,8 litres". Cette aide n'est tout de même pas la clé de ses succès même si elle l'a bien aidé." Je ne me considère pas comme quelqu'un de super doté physiquement, je sais simplement que jusqu'à maintenant tout s'est passé pour le mieux". Ceux qui connaissent son "moteur" disent qu'en plus d'une grande capacité au niveau du coeur, il a des muscles quasi uniques avec des fibres rapides et lentes, ce qui lui permet de gagner au sprint et dans les arrivées en altitude. Il ne faut donc pas s'étonner qu'en plus d'Indurain, Jalabert était également une de ses idoles. "Certains sont bien meilleur que moi au niveau des tests en laboratoire mais, et je ne connais pas le motif, marchent moins bien sur la route."
Après avoir était à d'innombrables reprises champion régional et d'avoir brillé sur route comme sur piste (il a été champion d'Espagne du kilomètre et du contre la montre olympique chez les jeunes), Valverde s'engagea chez les amateurs de la Banesto. "J'ai gagné trois courses chez eux, mais je devais passer mes fins de semaines à Pamplune, c'est pourquoi j'ai accepté l'offre de la Kelme, qui en plus, me proposa de passer professionnel". Ainsi, après 3 ans chez les amateurs (il fut champion d'Espagne et vainqueur de la coupe d'Espagne en 2001), il débuta avec l'équipe de Belda en 2002 et, bien qu'en cette première année il ne gagna rien, l'année suivante il s'imposa à 9 reprises et termina troisième (derrière Heras et Nozal) de la Vuelta, dans laquelle il s'imposa à deux reprises au sommet d'Envalira et de la Pandera et tout cela à seulement 23 ans.
Depuis lors il n'a cessé de progresser même si cette année ça été un peu plus dure du fait qu'il a participé à un maximum d'épreuves du Pro Tour. "L'objectif était pour moi de me mesurer aux meilleurs et, mise à part le Challenge de Mallorque, toutes mes autres victoires je les ai obtenues dans des courses importantes", et spécialement lors de sa victoire au Tour à Courchevel. "Je sentais que je pouvais faire quelquechose de grand mais pas autant. Etre devant au coude à coude avec Armstrong était quelquechose d'extra, gagner fut comme un rêve. C'est la meilleur chose qui me soit arrivé dans ma carrière avec ma première médaille d'argent aux mondiaux".
Valverde considère comme accessible de s'imposer sur le Tour. "Ce n'est pas impossible" surtout maintenant qu'il n'y a plus Armstrong. "C'est l'exemple à suivre, un coureur de référence". Comme Lance, Alejandro s'est entouré des siens dans l'équipe Illes Balears: Fran Perez, Zaballa, Pereiro, Joaquin Rodriguez... "Se sont des coureurs de confiance, capable de gagner quand l'occasion se présente à eux. Ils sont forts. Nous avons une grande équipe". Il mettra également le paquet; "je note que je progresse chaque année et que je m'intéresse de plus en plus à tous les détails que sont le matériel, ma position, les entrainements...Je commence également à m'entrainer sérieusement pour 2006".
Source: Marca

Valverde a qualifié le parcours de cette Vuelta de bon et spectaculaire, avec un parcours qui ravira les grimpeurs du fait des 5 arrivées en altitude.
Alejandro se sent très motivé du fait du parcours mais sa participation dépendra de ses prestations sur le Tour. "C'est un parcours montagneux, je connais ces cols et les contres-la-montre ne sont pas très importants. Ce parcours m'irait bien et j'en suis content. La Vuelta me fait envie mais le Tour de France est plus important et je devrai lutter pour bien y figurer. Si je vais en France c'est pour faire quelquechose de bien".
Il a déclaré que pour le moment il n'avait pas totalement écarté une participation à la Vuelta. "Cette année j'ai une planification différente. Je vais simplement chercher à être plus ou moins en forme tout au long de l'année et j'essayerai d'être au top pour mes deux objectifs (Classiques de printemps et Tour de France) mais cela dépendra de la façon dont mon corps répondra, peut être que je pourrais avoir un troisième pic de forme pour la Vuelta, qui sait..."
La question qui se pose maintenant est de savoir s'il sera ou non au départ de cette Vuelta. Celle-ci ne figure pas dans les objctifs qu'il a évoqué. Mais qui sait, au vu du parcours qui lui serait favorable, s'il n'y sera pas?... peut-être en cas de contre performance sur le Tour. A voir...

Le Murcien se prépare pour une campagne dans laquelle il aspire à être le successeur d'Armstrong et dit qu'il ne renonce pas à gagner l'étape qui arrivera en Espagne au Pla de Beret.
-Comment vas-tu aborder le prochain Tour car tu n'iras plus cette fois pour apprendre?
J'irai avec plus d'ambitions que cette année et j'aurai donc plus de responsabilités. Je ne peux pas oublier le triomphe acquis durant mon premier Tour durant lequel j'ai dû abandonner à cause de ma lésion au genou. La troisième place acquise à Gerardmer ainsi que le fait d'avoir porté le maillot de meilleur jeune pour quelques jours font que je serai très motivé et que j'essayerais de remporter une autre victoire, ce qui ne sera pas aisé.
-Tu essayeras donc de gagner une seconde étape sur le Tour qui pourrait être celle qui arrive au Plat de Beret?
C'est clair que j'aimerais être le premier à passer la ligne durant cette journée surtout pour cette arrivée en terre espagnole. Je suis sûr que les supporters seront présents pour me motiver. La victoire sera difficile à glaner mais j'ai réellement coché cette étape. Si je ne gagne pas celle là? Et bien je tenterai d'en gagner une autre, mais les victoires sur le Tour sont très difficiles à décrocher.
-Avant de pouvoir gagner au Plat de Beret d'autres cols qui font mal, tels que le Tourmalet, sont au programme. Comment les perçois-tu?
Le fait qu'il y ait d'autres cols importants avant c'est, peut être, bon pour moi parce qu'une première sélection sera faite au sein du peloton.
-As-tu bien analysé la haute montagne de ce Tour 2006?
J'ai observé que ce Tour se distingue des autres par le fait qu'il y aura une dernière semaine très difficile dans les Alpes. Il n'y aura pas de contre la montre par équipe mais deux contre la montres individuels de plus de 50 km. Avec tout cela je pense que cette édition sera très disputée en plus d'être très ouverte du fait de l'arrêt d'Armstrong. L'objectif final pour moi sera de lutter pour une place sur le podium ce qui se jouera dans les trois ou quatre dernières étapes.
-Comment peux-tu résumer l'expérience que tu as réalisé sur le plan technologique afin de t'améliorer sur les contre la montres?
Très positive. Ce que j'ai réalisé en Italie était un processus biomécanique qui a étudié, à travers des capteurs et un ordinateur, la meilleur position pour moi au moment d'appuyer sur les pédales, ce qui nous a obligé à modifier mes chaussures. De ce fait, la calle sur laquelle appuit mon pied est un peu plus en arrière ce qui répartit mieux l'effort au niveau de ma jambe. Quand je m'entraine les sensations sont bonnes et je note évidemment les améliorations.
-T'es tu sentis tel un robot sur ton vélo?
Non. C'est juste un peu étrange. Au début j'ai pédalé sur des rouleaux avec beaucoup de capteurs répartis sur mon corps. Sur la route, je portais une petite machine dans mon dos qui envoyait les données à un ordinateur situé dans la voiture derrière moi et qui a corrigé ma position sur le vélo. Le résultat de cette étude nous a poussé à baisser le guidon du vélo de contre la montre. C'est là qu'on se rend compte que ce genre de sessions sont vraiment bénéfiques.
-Ces essais amélioreront-ils ton rendement au moment de courir contre la montre?
Je pense que oui. Le fait que je me spécialise sur les épreuves de trois semaines font que je dois être à 100% dans chacune des spécialités. Cela veut dire que je dois m'améliorer chaque jour dans le contre la montre individuel et pour cela je dois travailler.
-Sur le prochain Tour tu seras le leader de ton équipe, auras-tu pour objectif de le gagner?
J'esayerais mais ce sera très difficile. Je lutterai pour le podium à Paris et pour cela je pense que je disposerai d'une bonne équipe. Je m'attacherai à donner le meilleur de moi même et nous lutterons tous à 100% pour être dans les premières positions.
-As-tu changé ta préparation hivernale en vue de la prochaine saison?
Evidemment. Je réalise plus de sessions en gymnase et je passe plus de temps avec mon vélo de montagne. Cela permet de développer ma force en vue des contre la montres pour ne pas à avoir à me lever souvent de la selle et rester assis le plus longtemps possible pour avancer davantage.
-Feras-tu le Tour de Murcie ou voyageras tu de nouveau pour disputer Paris-Nice?
En principe il y aura des changements. Au challenge de Mallorque, que j'ai gagné cette année, je n'y serai que pour une ou deux étapes. En ce qui concerne le Tour de Murcie, on peut dire que le climat en Espagne à cette période l'année et meilleur qu'en France, c'est pourquoi je suis en train de voir avec Eusebio Unzue afin de le disputer.
Source: El Correo Digital






